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L’énergie, nerf de la stabilité économique

Par Nicolas DOMONT

Gérant Associé

 

Dans un environnement international toujours animé par des tensions persistantes au Moyen Orient, la question des matières premières revient au centre de l’analyse économique. La guerre en Iran rappelle à quel point l’économie mondiale reste dépendante de la stabilité des flux énergétiques, en particulier du pétrole. Au-delà de la réaction immédiate des marchés, c’est la capacité des prix à rester stables dans le temps qui constitue un enjeu majeur.

En théorie économique, on distingue deux grands types de chocs : les chocs de demande et les chocs d’offre. Les premiers proviennent d’une surchauffe de l’activité, les seconds d’une perturbation de la production ou des coûts. Les matières premières, et en particulier l’énergie, sont au cœur des chocs d’offre. Lorsque le prix du pétrole augmente brutalement en raison d’un conflit géopolitique, l’économie subit une hausse des coûts indépendante de la dynamique de la demande. Ce type de choc est particulièrement complexe à gérer, car il peut ralentir la croissance tout en alimentant l’inflation. C’est précisément le mécanisme qui caractérise les épisodes de stagflation.

 

Le pétrole demeure la colonne vertébrale énergétique mondiale. Il influence directement les coûts de transport, de production et, in fine, l’évolution des prix à la consommation. Une hausse brutale du baril se transmet rapidement à l’ensemble de la chaîne économique amplifiant les tensions inflationnistes et pesant sur l’activité. À l’inverse, une stabilisation des cours redonne de la visibilité aux entreprises comme aux ménages, facilitant les décisions d’investissement et de consommation. Le gaz et l’électricité exercent un effet similaire, notamment pour l’industrie européenne, dont la compétitivité dépend fortement du coût de l’énergie. Dans ce contexte, la volatilité constitue souvent un risque plus important que le niveau absolu des prix.

Les métaux précieux occupent une place différente mais tout aussi révélatrice. L’or agit comme un baromètre des tensions géopolitiques et monétaires. Il reflète les anticipations d’inflation et le niveau de confiance accordé aux principales monnaies. Les métaux industriels, quant à eux, traduisent davantage les perspectives de croissance mondiale et d’investissement. Leur stabilité signale un environnement économique lisible, leur volatilité révèle des incertitudes plus profondes.

La stabilité des matières premières influence directement l’inflation et, par extension, la politique monétaire. Les banques centrales peuvent agir sur les taux d’intérêt pour freiner la demande, mais elles ne produisent ni pétrole ni gaz. Lorsque l’inflation résulte d’un choc d’offre énergétique, l’arbitrage devient délicat. Un resserrement trop brutal pèse sur la croissance, tandis qu’un assouplissement prématuré risque d’ancrer les anticipations inflationnistes. La stabilité des prix de l’énergie facilite donc la normalisation monétaire et réduit l’incertitude macroéconomique.

Pour les entreprises, l’enjeu est tout aussi déterminant. L’énergie représente un coût direct pour de nombreux secteurs. Lorsque les prix sont stables, les marges peuvent être anticipées et pilotées avec davantage de précision. En revanche, une volatilité persistante réduit la visibilité sur les coûts futurs et complique la fixation des prix. La rentabilité dépend alors non seulement du niveau de la demande, mais aussi de la capacité à absorber ou répercuter ces variations.

Dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques récurrentes et une forte sensibilité des marchés aux chocs d’offre, la stabilité des matières premières dépasse la seule dimension sectorielle. Elle devient un repère central pour l’analyse macroéconomique comme pour la gestion de portefeuille. Une énergie dont les prix restent contenus facilite la maîtrise de l’inflation, clarifie la trajectoire des banques centrales et améliore la visibilité sur les marges des entreprises.

À l’inverse, une volatilité persistante entretient l’incertitude sur les coûts, les flux futurs et les valorisations financières. Elle conditionne l’inflation, la politique monétaire et la rentabilité des entreprises, et s’impose comme un élément structurant de l’équilibre économique et financier.

 

 Benjamin PHILIPPE fon opti x600Nicolas Domont

Gérant Associé

 

Rédigé le 2 mars 2026