Cap sur 2026
Par Nicolas DOMONT
Gérant Associé
À l’orée de 2026, l’environnement de marché reste marqué par une accumulation de forces parfois contradictoires. Les tensions géopolitiques persistent, la transformation technologique s’accélère et les politiques monétaires entrent dans une phase de normalisation progressive. La lisibilité de court terme demeure limitée, mais les lignes de force de moyen terme apparaissent plus clairement. C’est dans cet équilibre entre incertitudes conjoncturelles et tendances structurelles que se dessinent les perspectives de l’année à venir, dans un contexte où les investisseurs doivent composer avec des cycles plus courts et des réactions de marché plus rapides.
La géopolitique continue d’exercer une influence directe sur les marchés financiers. Le rôle toujours central de Donald Trump dans la vie politique américaine entretient un climat d’imprévisibilité, notamment sur les questions commerciales, énergétiques et stratégiques. La recomposition de l’ordre mondial se poursuit autour de zones clés comme Taïwan, le Venezuela ou le Moyen Orient, avec en toile de fond une redéfinition des priorités de défense et de souveraineté. En Europe, cette dynamique se traduit par une hausse significative des dépenses militaires et industrielles, en particulier en Allemagne. Si l’impact macroéconomique immédiat de ces plans reste difficile à mesurer, leur temporalité s’inscrit clairement dans une logique de long terme, avec des effets diffus mais structurants sur l’investissement, l’emploi et l’autonomie stratégique du continent.
Sur le plan technologique, 2026 s’inscrit dans la continuité du cycle engagé autour des infrastructures numériques, des data centers et du cloud. Après une phase d’investissement massif, la question centrale devient celle de la diffusion des usages et de la montée en puissance des modèles économiques. L’intelligence artificielle apparaît de plus en plus comme un levier tangible d’amélioration de la productivité, en particulier dans le secteur tertiaire, en automatisant certains processus et en accélérant les cycles de décision. Les nouveaux usages les plus avancés, qu’il s’agisse de la robotique, des solutions B2B ou de la mobilité autonome, structurent progressivement les axes de croissance pour les années à venir. Si le retour sur investissement des logiciels reste encore en phase de construction, la capacité à faire monter les taux d’adoption, la récurrence des revenus et la valeur ajoutée des services sera déterminante pour transformer l’innovation en performance économique durable. Dans ce contexte, le besoin en puissance de calcul et en infrastructures demeure confirmé, soutenant une dynamique industrielle de fond.
Le troisième pilier des perspectives 2026 concerne l’endettement et les marchés obligataires. La pression exercée sur les banques centrales s’est partiellement relâchée. L’inflation aux États Unis poursuit sa normalisation tandis que le marché du travail montre des signes d’essoufflement. Le consensus anticipe désormais deux baisses de taux directeurs en 2026, un environnement généralement plus favorable aux actifs risqués et aux marchés actions. Cette détente concerne principalement les taux courts, déjà largement intégrée par les marchés, tandis que les taux longs restent plus sensibles aux niveaux d’endettement et aux besoins de financement des États. Cette configuration invite à une lecture plus sélective du risque de taux. Sur le plan des devises, la question de la stabilité du dollar demeure centrale. Dans ce cadre, l’or s’inscrit davantage dans une dynamique de fond, portée par la diversification des réserves, les incertitudes géopolitiques et la recherche de stabilité monétaire, plutôt que comme une réponse conjoncturelle aux tensions de marché.
À l’approche de 2026, les marchés offrent ainsi un terrain d’investissement riche, complexe et stimulant. Les transformations géopolitiques, les ruptures technologiques et les ajustements financiers redessinent progressivement les opportunités. Les grandes tendances structurelles continuent de façonner la croissance future, tandis que l’innovation irrigue l’ensemble de l’économie. Dans cet environnement en mutation, la capacité à comprendre ces dynamiques, à les accompagner et à rester exposé aux moteurs de long terme constitue un élément clé de la création de valeur. Les perspectives s’ouvrent sur une nouvelle année porteuse de renouvellement, d’investissements et d’opportunités dans la durée.
Nicolas Domont
Gérant Associé
Rédigé le 12 janvier 2026
