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Environnement

Même si les Etats réussissent la prouesse de le limiter à 1,5 degré, le réchauffement affectera tous les pays de la planète.

Les Echos.fr - 2 octobre 2018 - Par Joël Cossardeaux

C'est une semaine déterminante qui vient de s'ouvrir dans l'agenda de l'actualité climatique. Depuis lundi, les représentants gouvernementaux de 195 pays sont réunis à Incheon (Corée du Sud) pour aboutir, d'ici à vendredi, à une grille de lecture commune du réchauffement et de ses impacts. Un véritable tour de force sachant qu'ils ont une petite semaine pour synthétiser, sous la forme d'un « résumé à l'intention des décideurs », un rapport lourd de 400 pages, celui qu'ont produit les 86 chercheurs du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) sur la base de 6.000 études.

Survie des territoires

Le document final doit donner en une ou deux dizaines de pages, guère plus, un avant-goût de ce que devrait être un monde « réchauffé » à 1,5 degré. C'est l'objectif qui avait été accolé à celui, un peu moins ambitieux mais affiché sans réserve, de 2 degrés, arraché fin 2015 à conférence de Paris sur le climat (COP21). Un demi-degré de moins dont les petits Etats insulaires de la planète estiment qu'il serait déterminant pour la survie de leurs territoires, situés à fleur d'eau.rechauffement 44e10

Le rapport établi à leur demande et dont le contenu exhaustif sera officiellement dévoilé lundi prochain doit leur permettre d'en avoir le coeur net. Mais ils ne sont pas les seuls concernés. En fait, tous les pays ont du souci à se faire, à en juger le contenu des versions préliminaires du texte qui ont commencé à filtrer. Il « clarifie le fait que, quand on parle de 1,5 degré, ce n'est pas juste pour protéger de petites îles ou des pays lointains. Les événements climatiques qu'on commence à voir poindre dans nos pays industrialisés montrent que cela nous concerne tous », indique Henri Waisman, chercheur à l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri).

Se montrer à la hauteur de cet enjeu

Intensité des cyclones, extension des zones et des périodes de sécheresse, altération de la ressource en eau, extinctions en série d'espèces, dégel en haute altitude et latitude… Aucun pays ne peut se considérer à l'abri, même si l'ampleur de ces phénomènes sera moins sensible à +1,5 degré qu'à +2 degrés. Et que les Etats qui en doutent encore se le tiennent pour dit. Une révision à la hausse des engagements à laquelle chacun est invité à procéder avant la fin de 2018, dans le cadre des négociations sur le climat des Nations unies, est rendue encore plus incontournable par ce document. LaCOP24, qui se tiendra en décembre prochain à Katowice (Pologne), devra absolument se montrer à la hauteur de cet enjeu.

Si les Etats ne se montrent pas plus ambitieux qu'ils ne le sont aujourd'hui, le réchauffement ira largement au-delà de 3 degrés et avec lui son cortège d'effets dévastateurs. Déjà, l'élévation moyenne de 1,5 degré de la température du globe pourrait ne pas suffire à stopper la déstabilisation des calottes glaciaires et du Groenland, porteuse d'une montée des mers importante. Cette perspective de réchauffement pourrait être atteinte d'ici aux années 2040 si rien n'est fait par les Etats pour la contrecarrer, estime le rapport du GIEC. Son résumé provisoire suggère que le maximum des émissions mondiales de CO2 soit atteint en 2020. Dans deux ans.

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