Distribution

Le distributeur français a trouvé un partenaire pour accompagner sa « transformation digitale ».

Le Figaro - 12 juin 2018 - Par Olivia Détroyat et Lucie Ronfaut

Le rythme des alliances entre distributeurs phy­siques et géants du digital ne faiblit pas. Lundi, le géant français de la distribution Carrefour a frappé un grand coup en annonçant une union de taille avec le géant américain Google. Un partenariat qui verra le groupe de Mountain View proposer l’offre non alimentaire de Carrefour sur ses différentes plateformes d’ici à la fin de l’année. Mais surtout l’offre alimentaire du français dès le premier semestre 2019 sur Google Assistant, son assistant virtuel qui équipe smartphones et son enceinte connectée (Google Home), ainsi que sa plateforme de comparatif de prix Google Shopping. C’est une pre­mière mondiale pour les denrées périssables, qui ne pouvaient ­jusqu’ici par être commandées via les outils de Google, même aux États-Unis.

La France sera le premier pays test de cette solution, baptisée ­Google Shopping Action. Celle-ci offre de nouveaux canaux de distribution e-commerce pour Carrefour, qui ambitionne de prendre la première place du e-commerce français d’ici à 2022, avec 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 20 % de part de marché. Un objectif ambitieux pour le groupe, qui avait pris du retard sur le commerce en ligne. Pour y parvenir, l’enseigne a lancé une série de chantiers : construction de plate-forme de préparation de commandes pour les drives alentour à Aulnay-sous-Bois et Lyon, ouvertures de 170 drives en 2018 (contre 600 aujourd’hui), passage de 11 à 26 villes pour son service de livraison à J + 1 et de 5 à 15 villes pour son service « express » (en 1 heure).

Pour aller plus vite, l’association avec un géant du secteur était à l’étude. En Chine, Carrefour a sauté le pas en mêlant son destin avec le géant Tencent. Mais pas question de vendre son âme au diable en déléguant à un tiers une activité stratégique sur laquelle la bataille est rude avec l’arrivée de l’ogre Amazon. « Notre obsession est de continuer à gérer nous-mêmes l’ensemble de nos savoir-faire, explique Alexandre Bompard, le PDG de Carrefour. Il faut absolument s’inscrire dans un schéma où le distributeur que nous sommes continue à faire son ­métier. » Carrefour gérera donc les produits, la préparation de commandes et la livraison de l’offre présente sur Google Shopping (uniquement sur son site, et non pas dans les résultats de recherche) et via l’assistant personnel du géant du Web. Reste à définir la largeur de l’offre Carrefour que proposera Google.

Plateforme ouverte

« C’est un moment assez majeur pour Carrefour, résume Alexandre Bompard. Cela montre l’attractivité que nous retrouvons en moins d’un an auprès des grands acteurs technolo­giques. C’est le signe que l’on revient au premier plan. »

Les premiers échanges entre les deux alliés ont commencé à l’automne, quelques semaines après l’arrivée du nouvel homme fort de Carrefour qui a fait de la digitalisation du groupe l’une de ses priorités. Hormis l’e-commerce alimentaire, le partenariat inclut la mise en place d’un laboratoire ­commun qui ouvrira ses portes cet été à Paris, pour accélérer sur les ­applications de l’intelligence artificielle en magasin et en ligne.

Un programme de formation sur le numérique et les outils de Google sera enfin proposé à plusieurs milliers de salariés de l’enseigne, « pour accélérer la digitalisation de l’entreprise et faire monter dans l’orga­nigramme des nouvelles compétences digitales », conclut Marie Cheval, ­directrice digitale de Carrefour.

Google n’en est pas à son coup d’essai dans la commande d’aliments et d’autres denrées. Le géant américain multiplie les initiatives et les partenariats en la matière. Depuis 2013, il dispose de sa propre plate­forme de livraison de produits du quotidien, Google Express, en partenariat avec des sociétés américaines comme Walmart, Target ou Costco. Des magasins peuvent aussi proposer leur application sur Google Assistant, l’assistant qui équipe l’enceinte intelligente Google Home, mais aussi de très nombreux smartphones. De cette manière, un utilisateur peut invoquer le nom d’un magasin pour commander un produit. C’est déjà le cas en France avec Sephora ou la Fnac.

Carrefour, lui, va être intégré de manière plus complète au Google Assistant. Il ne sera pas nécessaire d’invoquer son nom pour l’utiliser. Les utilisateurs seront invités à informer leur magasin préféré dans les paramètres de l’assistant, avant de l’utiliser. Des options similaires existent pour d’autres commandes, comme le fait d’écouter de la musique. Aux États-Unis, il est déjà possible de passer une liste de courses chez Walmart via Google Assistant.

Google ne mentionne pas s’il prend une commission sur les achats effectués via ces partenariats. Mais il insiste sur le fait que d’autres enseignes pourront rejoindre la liste de ses partenaires. « Nous sommes une plateforme ouverte, explique Sébastien Missoffe directeur général de Google France. Tous les commerçants ­peuvent travailler avec nous. »

Google fait bien d’insister. L’entreprise américaine a déjà été ­accusée de pratiques anticoncurrentielles concernant sa plateforme Google Shopping, en profitant de sa position dominante dans la recherche en ligne pour mettre en avant ses propres produits. Elle a même été condamnée à une amende de 2,42 milliards d’euros à ce sujet par la Commission européenne, fin 2017. Google ne veut pas, cette fois-ci, se voir reprocher de privilégier un ­partenaire particulier.Google n’en est pas à son coup d’essai dans la commande d’aliments. Le géant américain multiplie les initiatives et les partenariats en la matière. Depuis 2013, il dispose de sa propre plateforme de livraison de produits frais, Google Express, en partenariat avec des sociétés comme Walmart, Target ou Costco. Des magasins peuvent aussi proposer leur application sur Google Assistant, l’assistant qui équipe l’enceinte intelligente Google, mais aussi de nombreux smartphones. De cette manière, un utilisateur peut invoquer le nom d’un magasin pour commander un produit. C’est déjà le cas en France avec Sephora ou la FNAC. Google veut désormais passer à la prochaine étape.

Carrefour va être intégré de manière plus complète au Google Assistant. Il ne sera pas nécessaire d’invoquer son nom pour l’utiliser. Les utilisateurs seront invités à informer leur magasin préféré dans les paramètres de l’assistant, avant de l’utiliser. Des options similaires existent pour d’autres commandes, comme le fait d’écouter de la musique. Aux Etats-Unis, il est déjà possible de passer une liste de courses chez Walmart via Google Assistant. Google ne mentionne pas s’il prend une commission sur les achats effectués via ces partenariats. Néanmoins, il insiste sur le fait que d’autres magasins rejoindront bientôt la liste de ses partenaires, outre Carrefour. “Nous sommes une plateforme ouverte”, explique Sébastien Missoffe directeur général de Google France. “Tous les commerçants peuvent travailler avec nous.”