Assurance -Vie

Face à l’érosion des taux de rendement des fonds en euros (placés dans les actifs les plus sûrs), des solutions existent pour diversifier ses placements dans le cadre de l’assurance-vie.

Le Figaro - 8 novembre 2019 - Par Jorge Carasso

L’Euro-croissance : pour diversifier en douceur

Lancé en 2014, l’Euro-croissance est censé être une version plus performante du fonds euros. Une part du capital est investie en actions. En contrepartie, les sommes placées sont garanties après une durée de détention minimale de huit ans. La promesse est belle, mais elle peine pour l’heure à convaincre. « Il peut être délicat de rentrer dans un tunnel de huit ans », indique François Leneveu, président du directoire du courtier Altaprofits. Ces contrats n’ont guère fait mieux en 2018 que la plupart des fonds euros classiques, et parfois pire du fait des errements de la Bourse. De plus, les performances de ces produits varient selon la semaine de souscription.

Afficher un rendement moyen est délicat, peu d’assureurs l’ont d’ailleurs rendu public. Ce qui ne facilite pas leur commercialisation. La loi Pacte vise d’ailleurs à rendre ce produit plus lisible en permettant de comparer les performances affichées par les contrats. La nouvelle version du fonds euro-croissance devrait être opérationnelle dans les prochaines semaines. Objectif : attirer 20 milliards d’euros en deux ans, contre 2,2 en 2017 (selon la FFSA). L’année boursière record de 2019 devrait aussi aider ces produits à reprendre de la vigueur.
La gestion pilotée : faire confiance à des pros

Certains épargnants craignent à raison la volatilité de la Bourse. Pour s’en protéger, ils peuvent opter pour la gestion pilotée. Le pilotage par des professionnels proposé dans des contrats multisupports est un plus, mais il comporte une part de risque (la part du capital investie en unité de compte, c’est-à-dire en actif plus risqués que le fonds en euros, n’est jamais garantie). Les clients signent un mandat avec un gestionnaire. Celui-ci va investir selon un niveau de risque défini à l’avance (prudent, équilibré, risqué avec un dosage en actions différent et évolutif). « Ce pilotage actif permet d’obtenir des rendements plus élevés sur la durée », rappelle François Leneveu. Ce mode de gestion est de plus en plus proposé aux épargnants. Près de 6 conseillers sur 10 en parlent à leurs prospects selon la dernière étude de l’AMF sur la qualité du conseil des banques. Ce service a toutefois un coût (entre 0,20 et 0,30 % de l’encours) qui s’ajoute aux frais de gestion des unités de compte (0,70 à 0,8 % en moyenne).

Les actions : une solution de long terme

2018 a été difficile pour les actions. Mais le rebond de 2019 (le CAC 40 a bondi de 24 % depuis le 1er janvier) suscite un nouvel appétit pour la Bourse. « Les fonds actions, qu’ils soient européens ou internationaux, ont bénéficié de cet engouement, même si globalement les épargnants continuent à être averses au risque », explique Jean-Paul Raymond, cofondateur de la société d’analyse financière Quantalys. Ceux qui rechignent à s’exposer complètement à la volatilité des actions s’orientent vers des fonds mixtes (actions et obligations). C’est ce qui a fait le succès des fonds patrimoniaux et des fonds flexibles. « Mais ces fonds flexibles, supposés mieux faire face aux baisses des cours, n’ont pas tenu toutes leurs promesses en 2018 », juge Jean-Paul Raymond.

Le capital-investissement : des start-up dans le moteur

Cette poche séduit les particuliers avertis qui investissent dans des PME non cotées par l’intermédiaire d’un fonds commun de placement à risque (FCPR). Certains contrats d’assurance-vie permettent d’investir dans cette classe d’actifs. Il faut dire que le niveau de rendement parfois promis (12 à 15 % par an en actions, 5 à 7 % par an à travers des obligations) détonne dans l’univers actuel des taux négatifs. Investir dans un bouquet de PME est toutefois très risqué. L’investissement en capital-investissement est actuellement plafonné à 10 % des encours d’une enveloppe d’assurance-vie. La loi Pacte relève ce verrou, dans des proportions à préciser. Quant au ticket d’entrée, il varie selon les contrats. Mais démarre bien souvent à 10 000 euros.

Les SCPI : du rendement sécurisé

La pierre papier est l’un des grands succès de collecte de ces dernières années en assurance-vie. Pourquoi ? Parce que les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) offrent aux souscripteurs un rendement de plus de 4 % en moyenne, sans risque excessif. En outre, loger des SCPI dans des unités de compte permet de gommer la fiscalité associée à l’immobilier. Un bémol toutefois, chaque assureur propose sa propre sélection. Les épargnants ne peuvent pas choisir librement les SCPI qu’ils souhaitent insérer dans leur contrat. Ils peuvent également miser sur des OPCI. Ces véhicules hybrides et plus liquides sont investis à 60 % dans l’immobilier physique et souvent à 40 % en immobilier coté.