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Qu’est-ce ce qui permettra à l’Europe de croître plus vite ?

Le JDD - 26 novembre 2017 - Par Philippe ODDO, Associé -gérant de la banque Oddo BHF

La zone euro doit être le terrain de jeu de nos entreprises, comme la Chine et les États-Unis le sont pour leurs entreprises.

En réduisant au maximum les différences de réglementations, nous pourrons offrir à nos sociétés européennes la possibilité de se développer aussi vite et avec la même ampleur que le marché chinois avec ses 11.000 milliards de dollars de PIB et le marché américain avec 18 milliards de dollars de PIB. La zone euro n’a rien à leur envier avec ses 12.000 milliards de dollars de PIB et ses 380 millions d’habitants.
La France et l’Allemagne représentent entre 40 % et 60 % de la population, du PIB et de la capitalisation boursière de la zone euro. Ces deux pays ont une responsabilité et une opportunité historiques de créer une nouvelle dynamique pour l’Europe.

Cela passe par une relance de l’apprentissage de l’allemand et du français, par des formations et des diplômes communs, par des réglementations, des fiscalités et des charges sociales les plus proches possibles.

Une opportunité : le Brexit, même si ce choix me paraît être une erreur de l’histoire. À Londres, 700.000 personnes travaillent dans le secteur financier contre 200.000 à Paris et 76.000 à Francfort.

Pour ces deux villes, il existe une opportunité économique à saisir pour travailler et répondre ensemble aux besoins des entreprises financières basées en Grande-Bretagne, notamment américaines. Paris a l’avantage de disposer d’une abondance de compétences de qualité, tout en étant à moins de deux heures de train de Londres. La plus belle ville du monde a besoin d’une rénovation de ses infrastructures, heureusement décidée dans le cadre du Grand Paris.

À Francfort, l’aéroport n’est qu’à un quart d’heure du centre-ville où se trouve la Banque centrale européenne. Les charges sociales et le coût de la vie sont moins élevés. Nous, entreprises, avons un rôle à jouer pour participer à cette dynamique. Dans ma société, nous allons créer un programme ambitieux d’embauches de jeunes Français en Allemagne et de jeunes Allemands en France.

Dans mes rêves, l’Europe doit avoir une forte dimension politique en matière de sécurité intérieure et extérieure, et développer l’identité européenne tout en respectant les cultures de chacun et en maximisant le principe de subsidiarité. C’est tout à fait compatible. »