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Des marchés qui montent !

Par Jacques de Panisse Passis

Président du Directoire, Gérant et Associé

Alors que le déconfinement se met progressivement en place dans un nombre croissant de pays, certains craignent une nouvelle vague de contamination, estimant que le virus présente une « agressivité » constante, d’autres pensent au contraire que l’acharnement du Covid-19 va s’atténuer, puis cesser. En un mot le virus pourrait avoir disparu dans quelques mois. Personne n’est en mesure de prouver le scénario qu’il envisage et dès lors, tous demeurent dans l’incertitude.

Etonnant cet infiniment petit, pas tout à fait vivant, qui paralyse l’espèce dominante sur la planète bleue.

Les démocraties occidentales ont choisi, dans leur grande majorité, d’arrêter leur économie pour sauver des vies. Il est certain que les politiques ont dû prendre leur décision en tenant compte du degré d’impréparation observé et des comportements habituels de leurs populations. Certains pays, cependant, comme la Suède et les Pays-Bas ont préféré ne pas appliquer le confinement strict. Ils présentent à début mai un ratio, constitué du nombre de décès liés au Covid-19 rapporté à la population totale, de 0,027% et 0,030%.

 

A la même date, le ratio est de 0,055% en Espagne, 0,043% au Royaume-Uni et 0,037% en France.
Les premières statistiques macro-économiques publiées révèlent un choc d’une ampleur inégalée depuis la crise de 1929. Opportunément, les banques centrales sont intervenues vite et massivement relayés par les gouvernants. En quelques semaines des milliers de milliards ont été fournis tandis que de nombreuses mesures permettaient de pallier les risques liés à un arrêt brutal d’activité.

La BCE vise principalement à aider les banques et les entreprises. Elle peut aussi soutenir les Etats avec le « quantitative easing », mécanisme de « création monétaire » qui permet d’injecter des milliards dans une économie, tout en réduisant l’endettement national. En revanche, l’accroissement de liquidités en circulation qui en résulte génère une inflation du prix des actifs tangibles qu’il est très difficile de tempérer. Les plans de sauvetage des gouvernements (dépenses, prêts & garanties) représentent 28% du PIB en Allemagne, 20% au Royaume-Uni, 18% en France et participent à l’augmentation de la dette.

Après le choc de mars, les marchés financiers ont dû opter entre deux approches. Soit la prudence, liée à l’effondrement attendu des résultats de la très grande majorité des entreprises en 2020, les inévitables faillites en série, l’explosion du chômage et les tensions qui ne manqueront d’en résulter. Soit la confiance dans l’aide « sans limite » des banques centrales, relayée par celle des Etats. Mais aussi, la conviction que le « business as usual » allait reprendre normalement après un simple « arrêt sur image » d’un à deux mois.

Le Nasdaq, ce concentré d’Amérique inventive, volontaire et capitaliste, a progressé de 19% entre le 1er et le 30 avril, date à laquelle il ne perdait plus que 1% depuis le 1er janvier 2020. La plupart des autres indices se sont montrés plus frileux, notamment en Europe, mais il est indéniable que la croyance dans une reprise, appuyée par des banques centrales toutes puissantes, a réveillé les espoirs d’un « après-Covid » proche et florissant.

Pour l’occident, et notamment pour les français, cette crise aura accru la concentration des pouvoirs en confortant, sur le plan économique, la domination de la banque centrale et, sur le plan politique, l’emprise croissante de l’Etat.
Le niveau atteint par les indices fin avril nous paraît incompatible avec la dégradation des résultats qui se profile. En Europe, nos experts anticipent des bénéfices en baisse de 42% en 2020, puis en progression de 54% en 2021. Un parcours qui conduirait à se situer 11% en dessous du niveau de 2019 à la fin de 2021.

Nos équipes cherchent des valeurs peu endettées dont l’activité et les marges pourraient progresser dans le contexte actuel. La SICAV Optigest Monde, dont la méthode consiste à sélectionner des sociétés de qualité à forte croissance et dont la performance depuis le début de l’année est positive, semble susceptible de relever le défi.

 

Le 6 mai 2020

 

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