JDPP bureau inversePar Jacques de Panisse Passis

Président du Directoire, Gérant et Associé

Nous venons d’étudier le processus d’un fonds qui utilise l’intelligence artificielle pour faire son entrée dans la finance comportementale. Munie d’une véritable capacité d’apprendre de ses expériences, l’intelligence artificielle, combinée à des algorithmes et au big data, (traitement d’un volume gigantesque de données), est désormais en mesure d’analyser la plupart des données pertinentes qui vont constituer le sentiment des investisseurs au début d’une séance boursière, d’en faire la synthèse et de prendre des positions acheteuses ou vendeuses, avec des contrats à terme, sur les plus grands indices d’actions.

La puissance de calcul de tels ordinateurs est à peine imaginable pour l’esprit humain : on atteint 158 trillions d’opérations à la seconde. Les progrès réalisés dans la compréhension des textes lus afin d’en saisir le sens sont saisissants. La capacité de raisonnement pour effectuer une synthèse pertinente ne cesse de progresser. L’intervention humaine, à l’origine de la conception de l’ensemble, sélectionne les sources de données qui doivent nourrir la réflexion du cerveau artificiel. Il s’agit principalement des flux d’information échangés sur internet.

 

Le modèle que nous avons étudié solde systématiquement avant la clôture la position qu’il a prise à l’ouverture puis gérée durant la séance. Les résultats sont très satisfaisants. Dans 69% des cas, la position prise est gagnante, mais surtout la volatilité est relativement faible, 4,85% seulement, et le ratio de Sharpe atteint 3,79, révélant une très bonne rentabilité pour le risque pris. Enfin, le modèle ne cesse de se perfectionner, ainsi sur 210 jours, le modèle a amélioré sa performance de 17% du seul fait de l’apprentissage qu’il a retiré de ses expériences.

Le métier de la gestion de portefeuille est désormais entré dans l’ère de l’intelligence artificielle qui sera soit un concurrent redoutable, soit un outil apprivoisé. Optigestion va se saisir de cette nouvelle opportunité pour élargir son offre et diversifier ses sources de performance.
Regardons maintenant les points essentiels de la conjoncture. Les deux chambres américaines ont signé en faveur du projet fiscal de l’administration Trump. Il faut encore réconcilier la version du Sénat et celle de la Chambre des Représentants qui présentent des différences notables mais une issue positive semble accessible. Cette perspective devrait réconforter Wall Street.

La Corée du Nord, les aveux de Michael Flynn et le déferlement de témoignages accusant diverses personnalités de harcèlement sexuel laissent peu d’espace médiatique à la FED qui a cependant confirmé la fermeté de la dynamique de croissance (+2,3% de croissance en glissement annuel). La hausse de la « core inflation » à 1,45% devrait lui permettre de poursuivre son resserrement monétaire en décembre. Les actions ont connu une séance de baisse marquée limitée au secteur des sociétés technologiques, à priori peu favorisé par la réduction probable du taux d’imposition. Cependant, cette réaction soudaine devrait s’estomper si la réforme fiscale est adoptée. En effet, l’indice SP500 devrait améliorer ses profits de 5% du seul fait de cette mesure.

En Europe, les négociations sur le Brexit connaissent des avancées sur la soulte et, dans une moindre mesure, sur la frontière nord-irlandaise et le sort des ressortissants européens au Royaume-Uni. Les nouvelles économiques s’avèrent favorables à la consommation, au climat industriel, au crédit et à l’emploi.

En revanche, l’inflation sous-jacente en zone euro, à 0,9% en novembre, demeure particulièrement faible. Ce constat devrait réveiller quelques interrogations au sein de la BCE sur la nécessité de relever les taux directeurs en 2019. Un différentiel d’inflation croissant en faveur des Etats-Unis pourrait empêcher la poursuite de l’appréciation de l’euro contre le dollar et soutenir, malgré les résultats des sociétés de la zone euro un peu décevants au troisième trimestre, les marchés d’actions européennes.