JDPP exterieurPar Jacques de Panisse Passis

Président du Directoire, Gérant et Associé

 

Les statistiques économiques récentes confirment la dynamique de croissance observée depuis près d’un an.

En Europe, l’embellie se poursuit.

La progression du PIB en zone euro atteint au 3ème trimestre 2,5% en rythme annuel alors qu’elle s’établissait encore à 1,7% il y a un an. Cette tendance positive est à la fois solide et partagée, elle se diffuse à l’ensemble des pays membres. La confiance semble vouloir se renforcer, favorisant la consommation et l’investissement, paramètres précurseurs qui laissent espérer une réduction progressive du chômage dans les trimestres à venir.

Depuis que Carles Puigdemont a déclaré qu’il admettrait les résultats des élections anticipées du 21 décembre, le risque politique s’est considérablement atténué. L’actualité médiatique focalisée sur la Catalogne ne doit pas cacher l’activisme du groupe de Visegràd, favorable à la souveraineté nationale. La Pologne, la République Tchèque, la Slovaquie et la Hongrie, auxquelles l’Autriche pourrait se joindre prochainement, affichent une distance grandissante avec Bruxelles.

 

L’empreinte de l’histoire ne s’efface pas. Pour construire l’Europe et éviter un sursaut destructeur des nationalismes, Bruxelles doit comprendre qu’elle peut, au nom d’une cohérence d’ensemble, estomper les souverainetés, mais qu’elle ne peut en revanche, sous peine de contresens rédhibitoires, nier les identités.

Devant une inflation qui peine à se reprendre (1,4% en zone euro en octobre) et le renforcement de la devise européenne (+ 12% contre dollar entre le 1er janvier et mi-octobre) qui fragilise à terme la reprise, la BCE a tempéré ses velléités futures de normalisation. Les déclarations de M Draghi ont permis à l’euro de faiblir enfin, les taux devraient demeurer bas en Europe encore longtemps.

Aux Etats-Unis, l’indice de confiance des consommateurs et l’indice d’activité poursuivent leur progression favorable. Si l’inflation ne parvient pas à redémarrer, elle semble montrer les premiers frémissements encourageants qui devraient permettre à la FED de décider une nouvelle hausse des taux directeurs en décembre, ce qui ne manquera pas de favoriser une appréciation du dollar.

Les marchés des actions poursuivent leur ascension sur toutes les places financières. Taux bas et croissance confirmée offrent aux entreprises une situation idéale. L’affaiblissement relatif récent de l’euro vient renforcer l’attrait des places européennes.
Nous assistons au glissement du vrai pouvoir qui passe progressivement de la sphère étatique locale à la sphère « corporate » internationale. Les états surendettés et nationaux sont confrontés à la puissance organisée des multinationales dont la richesse ne cesse de grandir et dont l’influence impose un modèle supra national fondé sur l’efficacité.

La référence nationale n’est plus adaptée à des personnes qui passent une part croissante de leur vie à l’étranger. Pragmatique, la génération montante modifie son comportement d’épargnant. Elle se tourne vers le monde « corporate » qui rémunère correctement ses économies et délaisse les placements obligataires qui proposent un rendement dérisoire. On ne ruine pas impunément le rentier !

Les obligations souveraines qui offrent un rendement inférieur à 1% par an ne peuvent même plus, du fait du niveau d’endettement des états, offrir les garanties d’un placement sans aucun risque. Face à cette option peu attrayante, les actions cotées des multinationales présentent des comptes solides, offrent des dividendes de 3% à 4% et des espoirs fondés de plus-values futures. Qui peut raisonnablement résister aux atouts d’une telle offre ?

Il est clair que l’alternative actions ou obligations, longtemps perçue comme le choix entre un investissement à risque et un placement sans risque, pour un écart de rentabilité modique, n’est plus d’actualité.

A tout épargnant qui accepte un investissement sur une durée de 5 à 10 ans, susceptible d’atténuer la cyclicité des marchés, les actions offrent aujourd’hui une rémunération globale 5 à 10 fois supérieure aux obligations souveraines pour un risque comptable inférieur.

L’arbitrage en faveur des actions n’est pas prêt de faiblir.